Création d'un Carport couvert pour moto

Création d'un Carport couvert pour moto

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Bonjour,

 

Ma moto (125 Varadero) avait 9 ans quand je l'ai achetée, et elle dormait dans un parking souterrain. Là elle a 13 ans et elle dort dehors.

Conséquence : le comodo tombe en panne chaque hiver. avec ses conséquences (croisement en panne, on roule donc soit en veilleuse, soit en plein phare) (le clignotant met deux à cinq secondes à se déclencher...)

 

Le long de la cabone à outil j'ai donc décidé de faire un abri bois.

 

En profitant de mes précédentes erreurs. (Et en en faisant d'autres, pour progresser la prochaine fois ;) )

 

1. Le calcul du carport

Evaluer la surface de l'abri. Sa pente. Calculer le poids de la neige selon la neige annuelle régionale. Calculer la force du vent selon région, orientation, inclinaison (d'après mes calculs environ 10% du poids de la neige, mais force appliquée en horizontal + portance verticale).

Ajouter poids de la couverture souhaitée (tuile béton, bardeau bitumineux...)

En déduire le dimensionnement des liteaux (flexion), ajouter leur poids propre, en déduire le dimensionnement des chevrons (flexion), ajouter leur poids propre.

En déduire le dimensionnement des pannes (flexion), ajouter leur poids propre.

 

Tout ce poids (neige + vent + pp) vient se mettre sur les poteaux (au besoin vérifier la part que prend chaque poteau).

Dimensionner les poteaux (flambement) ;

dimensionner le massif béton à chaque poteau (j'ai abandonné l'idée d'assembler les poteaux par barre horizontale pour transportabilité car la liaison rotule, par vis, n'est pas idéale) ; par exemple faire un essai de terrain, trou conique d'une dimension donnée, verser une quantité donnée de béton, faire à J+7 un effort de traction horizontal à hauteur de 1 mètre, mesurer quand il y a basculement, ce sera utile pour la résistance de l'abri au vent horizontal (la trainée).

 

La dalle doit résister au poids de la moto. Eventuellement calcul dalle (je fais autrement) pour résister à deux efforts ponctuels (les roues) et à la réaction répartie des terres. (Pour cela je fais un essai du module d'Young des terres en un point du jardin - une pile de parpaings sur une planchette de faible dimension, ordre dm², une autre pile étalon sur une planche conséquente. Je mesure tassement instantané, et le fluage à J+7.)

 

2. Terrasser l'abri du carport (par exemple quand il a plu 3 jours)

Creuser la profondeur nécessaire pour la dalle, et aux poteaux, les trous.

(Chez moi moto+passagers =300 kg empattement 1m je mets une dalle de 12cm mini, armée au 2e cm inf [cause effort ponctuel] sur sa moitié centrale ; 6 cm épaisseur mini sur les côtés (force des poteaux) ; neige 60kg/m² maxi, vent inférieur à 50m/s (280 kmh vent maxi Tancarville), venant de NW et NE, comme j'ai faible portée faible poids, chevrons remplacés par liteaux posés sur tranche (j'ai grimpé desssu, ça tient le poids d'un homme de 75 kg), 5 poteaux de 7x7cm (il n'y a pas plus petit, sauf le liteau, qui flamberait) (il y en aurait 6 si un arbre ne gênait pas, car portée 2m trop longue, j'ai donc fait un plan coupé en supprimant celui du coin), les deux centraux tiennent 3 à 4 fois plus que celui du coin.)

Les trous des massifs j'ai fait 20cm profondeur, 20cm rayon (sauf pour le poteau central, 25x25)

 

3. Couler le béton de chaque poteau.

Je m'étais cru malin en trouant chaque base de poteau, insérant un fer de 20 cm, puis coulant un massif 6 à 8 litres dans un moule la base armée de chaque poteau.

Inconvénient : le poteau devient trop haut. Ne plus le faire.

Mettre un caillou au fond du trou pour que le poteau ait un enrobage de 2cm (éviter pourrissement)

((pfff je m'aperçois que ce simili-blog n'a pas de correcteur d'orthographe... à mort les blogs sans correcteur automatique ! Pourquoi est-ce à l'Humain d'ouvrir un doc, copier coller, corriger, copier coller dans l'autre sens ?)) ((Et le CTRL F ne marche pas il y a 'desss' à remplacer par 'dessus' je ne sais pas où)) puis couler le bon poids de béton à chaque pied.

Par exemple chez moi un cône 10kg de béton résiste à 10kg horizontal à 1 mètre. Là, l'abri est à 2m30, le vent en horizontal fait de l'ordre de 30 à 60 N (3 à 6 kg horizontal), j'ai mis de mémoire 25kg aux deux pieds centraux, 10 à 15kg aux pieds extrêmes.

Bien faire attention à ce que les poteaux soient bien orientés, face contre face (tant pis pour moi, un est tourné de 10°), bien verticaux (niveau à bulle requis), caler avec planches te parpaings, passer tous les jours si un enfant ou un animal y a touché il faudra réparer (remettre d'aplomb et ajouter ciment puisque celui coulé fragilisé durant prise).

 

4. On peut élever la toiture avant coulage dalle

Comme panne, j'ai simplement pris les barres pin 7x7 (ce sont des chutes, que je recycle)...

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Pannes : il faut faire attention à calculer la résistance de chaque bois selon sa portée, sa section, sa matière, sa charge. De même pour les chevrons et liteaux. S'adapter à chaque cas particulier. Je ne me souviens plus si j'ai ajouté les poteaux centraux justement pour éviter d'acheter un bois de section supérieure. Recouper les poteaux à bonne hauteur (pente étudiée à l'avance). Coller les pannes (colle à bois, vinylique, résistance 15 à 70 kg/cm² soit 25 à 75% de la résistance à la traction d'un béton). Laisser sécher 24h puis compléter par vissage (à moins que vous ne soyez adeptes de ces platines bois pour charpente, horriblement moches ; pour ma part, je suis impatient de maîtriser la cheville) ; peu importe l'emplacement et la section, de toutes façons, les poteaux ne travaillent qu'en compression, et l'inclinaison du toit étant faible, on a peu d'effort en couple et en horizontal. Choisir des chevrons dimensionnés pour la portée entre les pannes (attention, poids de la tuile est au m² DéVELOPPé, poids de la neige au m² HORIZONTAL si bien réparti ; donc si vous faites une pente à 45°, 1m horizontal correspond à 1m41 diagonal, vous aurez de la neige sur 1m x longueur du toit, du poids de tuile sur 1m41 x longueur du toit). Chez moi le calcul a montré que des liteaux 28x40 posés sur tranchant suffisaient. Vérifier que les chevrons sont bien dans le sens de pente maximal (ce n'est pas toujours évident quand les poteaux ne sont pas alignés). Nota : en charpente traditionnelle, les chevrons sont mis tous les 50 à 60 cm. Chez moi j'ai pris un sous-multiple de la longueur donc 56cm, avec 28cm dépassant à chaque bout. (C'est un choix, alors que la déformation en bout sera 8 fois plus grande que la déformation de flèche sur portée d'après les calculs classiques... Mais bon je me suis débrouillé pour que les déformations max ne dépassent pas le millimètre pour les petits bois, le centimètre pour les pannes, et la contrainte la moitié de la tenson de rupture) L'heure de vérité : monter à l'échelle et poser les liteaux (tous les 28cm car 2/3 de la longueur de tuile, et je laisse 20cm en bas et en haut, dépasser des pannes) ; visser avec un calepinage (inutile de mettre plein de vis par liteau, ça le fendrait ; ne pas mettre les vis des liteaux toujours sur les mêmes 'chevrons') ; l'échelle se prenant dans les chevrons, on est obligé de circuler sur les chevrons - choisir alors de mettre une planche entre deux chevrons, près des pannes et des poteaux, pour répartir le poids d'homme et par sécurité. Les deux premiers chevrons seront posés en suivant un tracé au crayon, les suivants, par empirisme (on voit qu'ils sont espacés d'une planche et d'un liteau, à caler sur chaque liteau pour le liteau suivant, aligner sur un côté ou l'autre pour éviter les multiples découpes). Une fois posés, prendre une jolie photo souvenir (c'est joli un abri avec ses liteaux attendant la tuile, et ça fait des souvenirs...), puis 5. poser les tuiles. Normalement elles ont des ergots en haut pour les caler, vous avez prévu 30% à 45% de pente pour l'écoulement (ou 60% si vous êtes alsacien, mais c'est vraiment pour le plaisir de consommer du bois...), vous les calez en quinconce et en évitant les multiples découpes (pas facile à couper sans casser, hein ?), si elles sont de récup, profitez-en pour repeindre la tranche basse "goutte d'eau" (souvent d'origine elles sont peintes sur le dessus, mais ils ne vernissent pas le bas, alors si elles sont poreuses, la goutte d'eau reste). C'est physique mais normalement un carport de 2 à 3 m² ça devrait prendre 60 à 80 tuiles maxi. 6. Couler la dalle en bas. Je ne l'ai pas encore fait pour le carport, seulement pour la dalle Poste devant ma boîte aux lettre, je ne me permettrai pas de vous donner de conseil, juste mes calculs et méthodes :

 

 Je n'ai pas de bétonnière, je gâche par brouette, en rinçant à la fin (30 L (sable+gravat) + 7L ciment + 5,5 L eau soit 28 à 31 litres de béton) ; donc pour faire telle épaisseur, j'entoure de planche en disant 'tant de dm²' x 'telle hauteur en dm' = mes 30 L en dm^3 Cinq brouettées pour moi. Plus les petits socles car le ciment des poteaux va sûrement dépasser (j'ai un gabarit en bois, que j'ai fait, pour faire des rectangles 40x40 ou 20x40 en béton). A votre disposition pour toute question.


Bilan financier pour l'abris à moto:

 

* poutres et pannes (récup d'un ancien assemblage à moi, si on avait racheté les pièces à neuf, cela aurait coûté 6€ x 7U = 42€)

* béton en pied : 3€60 les 30L x 4 brouettes = 15€ environ

* liteaux (et faisant fonction de chevrons) : 13U x 2m (1€50 les 4m) = 7€ environ

* tuiles (récup car j'ai mis du photovoltaïque ; j'ai voulu les vendre sur e-bay. invendues à 0,30€) mettons 70Ux 0,30€ = 21€

* pas encore fait dalle sous abri : 5 brouettées x 3€60 les 30L = 18€

* 1/2 pot peinture noire extérieure (le bas des tuiles) = 3€

* mettons 1 disque spécial tuiles (je n'ai pas fini les découpes) = 15€ Total 121€ pour éviter de changer le comodo à 75€ chaque hiver (dont 63€ de récup et 15€ de fourniture outil, donc le jour où je veux démonter il y a pour 70€ de matériel dans cet abri).

Avis des internautes en moyenne 2.78 pour 9 votes
  Création d'un Carport couvert pour moto, publié par magnon86 le 4 Décembre 2013
Magnon86
2 COMMENTAIRES
tmaxcs3

Bravo... tout sa pour une Varadero :) j espère que depuis tu as du le permis A et profite de la joie de grosse cylindré.

magnon86

Quelques années après. Améliorations proposées : * dès le début bien concevoir ce qu'on va mettre dans l'abri avant de dimensionner. J'ai dimensionné pour la moto, mon épouse a mis son vélo, il n'y a plus la place ; je me retape 50€ de comodo chaque année. * les poteaux sont restés bien scellés. Ils étaient verticaux, un d'entre eux a bougé de qq degrés. Je ne sais pas pourquoi. * poutres faisant panne : ajouter des cales inclinées sous les chevrons ; sinon les pannes vont tourner pour être à plat sous les chevrons et ce sera moche (aucun impact sur la stabilité si vous conservez une liaison pivot ou scellé entre poteaux et pannes) * les liteaux sur tranchant faisant office de chevrons résistent bien à tuile+neige (effort réparti), mais pas au poids d'un couvreur qui se promène dessus (oubli de conception) pour assembler liteaux sur chevrons. Ca n'a pas craqué, mais j'étais allongé pour répartir le poids et j'avais peur. (La prochaine fois calculer pour ne plus avoir peur :D ) * de plus ils ont flué avec l'humidité. A l'école on nous fait travailler sur des matériaux homogènes isotropes (fer, béton...). Le bois ne l'est pas, on se dit "c'est une approximation", "je prendrai un coef de sécurité". Le fluage à l'humidité est important. Il m'est arrivé de constater dans des granges des poutres de 2m70 qui avaient tant flué que leur flèche étaient supérieures trois fois à la flèche de rupture du chêne. C'est souple. Mais c'est mochement impressionnant. * pente : la notice des tuiles béton dit bien "de 30° à 60°" on se dit "bah c'est pour dehors" et bien il ne faut pas 29° ni en-dessous sinon l'eau passe sous les tuiles, humidité, fluage accentué ; + les algues qui devraient ne se trouver que du côté vernis des tuiles = aspect pas fini. Pourtant j'étais si fier d'avoir posé des tuiles "comme sur les vraies maisons" (j'ai été diagnostiqueur, je me suis inspiré de l'écart inter-chevron usuel des maisons pour mon boui-boui) ; avec même une découpe diagonale pour une rangée de tuiles (le toit est en pentagone, inscrit dans un trapèze rectangle à un bout). Ne pas oublier que la rangée de tuiles la plus basse n'a pas de tuile pour se poser => placer dessous, un liteau supplémentaire pour qu'elles n'aient pas l'air de pencher plus que les autres. * Continuer à favoriser la pente unique. Sinon il faut acheter des tuiles de faît, et ça coûte horriblement cher. (Je n'ai pas encore essayé d'utiliser des romanes à 1€ comme faîtage pour 2 pans en tuile béton à 1€) Evidemment pas de tuile de bout juste pour un abri ; ça vaudrait le coup pour une vraie maison. * Le sol je l'avais strié pour le coulage, pour que les pneus ne dérapent pas, en essayant (à l'oeil) une pente de 2 à 5%. Ca ne marche pas c'est moche. On roule dessus, mais par salve de 30 litres (brouettée), le béton fait des arlequins de 0,5m². Faire mieux (plus joli) la prochaine fois. * permis A : pas effectué. les heures de la moto-école étaient trop difficiles car je procure des cours le soir (math, phy, chimie - et même résistance des matériaux ; heureusement pas orthographe :D ). Par contre je viens de (re) découvrir (non : découvrir. A 15 ans ça ne comptait pas) le cheval. C'est génial. (Je ne le savais pas avant de monter). (Je suppose que le canasson coûte plus cher à l'entretien qu'un véhicule qu'on n'a pas besoind e brosser ; je vais donc garder mes véhicules jusqu'à ce que le pétrole coûte plus que l'écurie et l'avoine ;D )

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