Ce préamplificateur à tubes brille par la simplicité de son amplification et de son égaliseur Baxandall pour les basses et les aigus. Il utilise des lampes standard 12AX7 ou ECC83, des potentiomètres de valeurs identiques et deux transformateurs astucieusement montés. Cet article présente le schéma de ce préampli qui conviendra autant aux micros de chant (plutôt hi-fi) qu’aux guitares électriques, pour lesquelles la belle saturation typique des lampes est même accessible.
Venons-en au préampli à lampes en commençant par son schéma :

Schéma du préampli à lampes ultra simple
Alimentation du préampli à tubes
Les préamplis à lampes utilisent une haute tension continue (200 ou 300 Volts) ainsi qu’une tension pour les filaments des lampes. Quel transformateur utiliser ?
Une astucieuse utilisation de deux transformateurs standard
Il est astucieux d’utiliser deux transformateurs identiques et d’utiliser le deuxième transformateur à l’envers, de façon à recréer une haute tension (230 Volts environ). On utilise ici deux transformateurs (T1 et T2) 230 V / 19 V de puissance 13 VA.
R25 est calculée de façon à obtenir une tension de 12,6 V aux bornes des filaments entre les broches 4 et 5 de l’ECC83 ou de la 12AX7.
Le potentiomètre P7 doit être tourné de façon à minimiser la ronflette.
Préampli à tubes : étage d’entrée avec 12AX7
Les signaux d’entrée (issus des microphones) ont une amplitude de quelques millivolts et atteignent peut-être quelques dizaines de millivolts si l’on crie très fort et très près du micro ! Il s’agit de signaux faibles et donc « vulnérables » aux parasites environnants. En particulier, la présence — ou plutôt l’omniprésence — du réseau 50 Hz autour de nous apporte, de diverses façons, de la ronflette (le « hum »). Les signaux faibles sont autant « agressés » par le 50 Hz que les autres, mais l’ajout d’une quantité donnée de 50 Hz superposée au signal est d’autant plus important proportionnellement que le signal est plus faible. Il faut donc que le cheminement de ces signaux soit le plus court possible et passe par des câbles blindés.
Les signaux d’entrée sont donc amenés le plus directement et le plus simplement possible aux grilles des premiers tubes (ECC83 ou 12AX7). L’impédance d’entrée est fixée par R1 et R2. Les condensateurs C1 et C2 bloquent une éventuelle composante continue et forment un filtre passe-haut avec R1 et R2. La fréquence de coupure est de 8 Hz environ.
Égaliseur de type Baxandall pour le préampli à lampes
On souhaite une réponse en fréquence la plus neutre possible, de type hi-fi, tout en réalisant un montage simple et faisant appel à une valeur commune de potentiomètres. L’égaliseur est de type Baxandall, avec une réponse en fréquence neutre lorsque les réglages sont au milieu. Le premier tube U1a amplifie le signal d’entrée. Le condensateur de liaison C3 bloque la composante continue. Sa valeur doit être assez grande pour ne pas atténuer les basses et assez faible pour ne pas transférer une charge importante vers les potentiomètres. Une valeur de 100 nF ou 220 nF convient tout à fait. Sa tension doit être d’au moins 250 V.
Dans l’égaliseur Baxandall, le potentiomètre P1 ajuste les basses. Les basses sont « créées », si l’on peut dire, par l’impédance de C4 comparée à R5 et R7 (68 kOhms). Lorsqu’on mesure la tension « en haut » de C4 (entre C4 et R5), le diviseur de tension R5, C4 et R7 donne une fraction importante de basses, alors qu’à des fréquences plus élevées (médiums, aigus), C4 se comporte comme un court-circuit (et donc, être « en haut » ou « en bas » de C4 ne change rien). L’impédance de P1 est élevée devant celle de C4.
Le potentiomètre P2 de l’égaliseur Baxandall dose les aigus. Sur le curseur de P2 se trouve une fraction du signal d’entrée. Selon la position du curseur de P2, une fraction variable de ce signal passe à travers C5 (100 pF), qui joue le rôle d’un filtre passe-haut avec R8 et l’impédance en série vue depuis R8 (entre le curseur de P1 et la masse).
C6 est facultatif et peut être ajouté pour compenser la capacité d’entrée du tube U1b (ECC83 ou 12AX7). La capacité effective d’entrée est en effet égale à la capacité d’entrée du tube, mais multipliée par le gain du montage. Ceci est dû à l’effet Miller. On peut choisir une valeur de 10 à 33 pF en fonction de la quantité d’aigus que l’on souhaite. Un essai sans C6 donne un son contenant suffisamment d’aigus.
L’égaliseur Baxandall fonctionne bien avec un signal à faible impédance de sortie. Pour éviter d’utiliser un tube en suiveur pour fournir une faible impédance de sortie, on fait le compromis d’avoir une résistance d’anode R4 assez faible. L’impédance de sortie du premier étage est égale à R4 en parallèle avec l’impédance de sortie intrinsèque du tube (12AX7 ou ECC83).
Les potentiomètres doivent être linéaires pour présenter la même résistance entre le curseur et chacune des deux broches (présentant ainsi 250 kOhms de chaque côté du curseur).
Réponse en fréquence de l’égaliseur Baxandall
Les simulations sont faites avec LTSpice IV. Les réglages de l’égaliseur Baxandall sont représentés avec les boutons des potentiomètres.
Boutons symbolisant les réglages des potentiomètres « basses » et « aigus » de l’égaliseur Baxandall
Le schéma de l’égaliseur Baxandall est ultra simple, entièrement passif et fait appel à deux potentiomètres identiques pour plus de simplicité. Voici le schéma de l’égaliseur Baxandall utilisé dans le préampli à lampes :
Égaliseur Baxandall : schéma ultra simple et passif
La résistance de 20 kOhms représente la résistance de sortie du montage (tube U1a du préampli). Si vous souhaitez réaliser cet égaliseur Baxandall (pour un préampli ou un ampli de guitare, par exemple), il ne faut pas la mettre. Elle n’est là que pour la simulation du préampli.
On simule le réglage des basses. Les trois courbes sont obtenues en divisant le potentiomètre de 500 kOhms en :
- 500 kOhms + 0 Ohm
- 250 kOhms + 250 kOhms (position médiane)
- 0 Ohm + 500 kOhms
Égaliseur Baxandall : basses au minimum, au milieu et au maximum
La courbe bleue représente les réglages de l’égaliseur Baxandall en position neutre. Elle est idéalement totalement plate. La simulation montre un petit écart qui n’est pas du tout gênant en pratique musicale et qui est principalement dû à l’impédance de sortie du premier étage d’amplification. Une amélioration aurait pu consister à ajouter un montage suiveur avec une lampe supplémentaire.
Les trois courbes correspondent aux réglages des basses :
- en vert : basses à fond
- en bleu : aucun réglage (position médiane)
- en rouge : basses au minimum
On fait de même pour les aigus de l’égaliseur :
Égaliseur Baxandall : aigus au minimum, au milieu et au maximum
On peut encore voir la réponse en fréquence de l’égaliseur lorsque les basses sont au maximum et les aigus au minimum, et vice versa :
Égaliseur Baxandall : réglage opposé des basses et des aigus
Et lorsque les basses et les aigus sont tous les deux au minimum ou au maximum :
Égaliseur Baxandall : réglage des basses et des aigus au minimum et au maximum tous les deux
On constate que les médiums sont très peu influencés par les réglages de l’égaliseur : c’est ce qu’on souhaite.
Étage à tube (12AX7 ou ECC83) : étage de sortie
Le second étage donne un gain supplémentaire. Il est identique au premier étage. C5 bloque la composante continue et P5 permet de régler le volume du montage.
R27 et R28 permettent simplement un mixage des deux préamplis si l’on souhaite réaliser un préampli à deux voies.
Préampli à lampes ultra simple à deux voies indépendantes







Bonjour je regarde vos shémas depuis de nombreuses Années merci pour votre savoir !
Et certains shemas m ont bien aidé à 70 balais maintenant et toujours guitariste Mercii