Comment faire un ragréage ? Préparation du support et coulage du mortier

Le réagréage permet généralement de préparer un sol avant la pose d’un revêtement de finition, comme un carrelage ou un parquet. Mais il peut aussi être laissé nu ou peint ; dans ce cas, il sert principalement à uniformiser ou à réparer de façon superficielle le sol, afin d’avoir un rendu plus propre. Faire un réagréage est plutôt simple, mais nécessite de l’organisation et de la rigueur. Voici comment faire !

Avant le ragréage : la préparation

Très important : la préparation du support et des périphéries !

Couler un ragréage est la partie la plus facile ; cependant, pour qu’il tienne correctement et éviter les surprises, il faut préparer en profondeur le support, donc le sol.

Vider et retirer tout ce qui n’est pas solidaire !

La première chose à faire est de vider entièrement la pièce et de mettre le support à nu. Cela veut dire :

  • Arracher le carrelage
  • Enlever les revêtements de type moquette, parquet ou autres
  • Enlever les éléments du sol qui se détachent ! (exemple : vieux ragréage qui se décolle)

Sur cette image, nous montrons le sol avec la partie en béton à nu, qui présentait un vieux ragréage qui se décollait

Préparation de la surface : ponçage et primérisation

Maintenant que le sol est dégagé, nous allons pouvoir attaquer la phase de préparation du support, afin que le nouveau ragréage puisse tenir correctement !

Le ponçage de la surface :

Afin de permettre au primaire d’accrocher correctement, il faudra poncer votre surface. Cela permettra d’enlever les derniers résidus qui n’adhèrent pas ou qui ne sont pas adéquats pour la pose du produit. Ainsi, on pourra retirer des restes de colle à carrelage ou de parquet, d’anciennes peintures, etc.

Ponçage sur plancher bois

Un ponçage sera indispensable avant de mettre le primaire. Pour une meilleure accroche, poncez jusqu’au bois pour enlever tous les résidus, le vieux vernis, etc.

Ponçage sur sol béton

Un ponçage est aussi indispensable ici. Cependant, ce dernier ne se fait pas avec une ponceuse traditionnelle, mais avec un disque diamant monté sur une meuleuse, ou, si vous avez le budget, avec une surfaceuse à béton dédiée ! Généralement, ce genre de machine coûte assez cher à l’achat, mais si vous avez une disqueuse (alias flex), vous pouvez trouver des kits avec disque diamant pour une trentaine d’euros sur Amazon.

Voici une version corrigée et bien ponctuée : « On ponce le béton avec une disqueuse équipée d'un carter antipoussière et d'un disque diamant

Comme on peut le voir sur la photo, le kit de ponçage est livré avec un carter antipoussière, qui permet le raccordement à un aspirateur. C’est totalement impératif, car sans aspiration, vous vous retrouverez dans un nuage de poussière en quelques secondes. Un masque de protection FFP3 contre la poussière est aussi indispensable pour votre santé ! Nous vous recommandons les masques de la marque GVS, qui sont excellents !

Pour l’aspirateur, nous avons utilisé un aspirateur WD3 de Kärcher avec sac en tissu. Attention toutefois à changer de sac régulièrement, sans quoi ceux-ci peuvent se déchirer et colmater le filtre. Pour une pièce de 15 m², nous avons utilisé 5 sacs et les avons remplis d’un tiers à chaque fois. Au-delà, le sac augmente significativement son risque de casser.

Avancement du ponçage du béton, entre deux changements du sac d'aspirateur

Le ponçage est assez rapide, mais également très bruyant. Pensez aussi à vous munir de protections pour vos oreilles !

Dans certains cas, il est impossible de vider totalement une pièce. S’il y a des éléments sensibles à la poussière (chaudière, luminaires, etc.), pensez à les protéger avec des bâches plastiques. Dans notre cas, nous avons dû bâcher une chaudière à gaz. Il faut bien sûr l’éteindre avant de la bâcher. Ce genre de bâches plastiques se trouve pour quelques euros dans n’importe quel magasin de bricolage.

Protection contre la poussière pour éléments sensibles (ici chaudière)

Voici enfin le résultat du sol entièrement poncé.

Résultat du sol béton après ponçage total

Installation des bandes de désolidarisation :

Une fois le sol totalement poncé, vous allez pouvoir passer un premier coup rapide d’aspirateur, puis commencer à installer les bandes de désolidarisation (aussi appelées bandes de rive ou bandes résilientes). Ce sont des bandes en mousse PE, un peu comme du polystyrène. Elles permettront

  • une étanchéité périphérique (éviter que le ragréage ne coule dans des crevasses).
  • une isolation acoustique (entre le sol et le mur)
  • d’absorber la dilatation du ragréage (éviter qu’il ne se décolle ou ne se fissure)

Mise en place des bandes périphériques pour couler le ragréage

Comme nos bandes ne sont pas autocollantes, nous avons utilisé du scotch crépon pour les fixer au mur. Cela se décollera facilement par la suite, sans arracher la peinture. Nous avons également un des murs qui a un gros tuyau qui passe le long du sol ; nous avons fait cette désolidarisation avec de la mousse de construction (non expansive) pour éviter que le ragréage ne coule contre le mur.

Application du primaire d’accrochage :

La pose du primaire d’accrochage est identique pour un sol en bois !

Ce produit va permettre d’augmenter significativement l’adhérence du ragréage à la dalle en béton. Mais, pour que celui-ci adhère parfaitement, il est impératif de faire un dépoussiérage en profondeur. On passe donc un grand coup d’aspirateur juste avant le primaire.

On aspire la poussière résiduelle sur la dalle en béton

Une fois que le sol est bien propre et sans poussière, nous allons pouvoir appliquer le primaire d’accrochage. Nous avons opté pour le Prima Universel V030 de la marque VPI. Nous trouvons qu’il est particulièrement efficace face à la concurrence.

Pour une pièce de 15 m², nous avons utilisé 6 litres.

Pour une bonne application, on commence par les bords. Avec un petit pot en verre et un pinceau à rechampir, faites le tour de votre pièce. On charge bien, particulièrement entre la dalle et la bande résiliente. Cela permettra de boucher les derniers micro-interstices entre ces dernières.

Primérisation de la périphérie de votre dalle en béton

Une fois que les contours sont faits, on enchaîne directement avec un rouleau pour appliquer le primaire sur l’ensemble de la surface. On commence par le fond de la pièce et on recule vers la porte pour éviter de marcher sur le primaire avant séchage.

Application du primaire d'accrochage sur un sol en béton

Une fois que le primaire est totalement posé, vous devez attendre au moins une à deux heures avant de couler le ragréage par-dessus. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a aussi un délai maximum de recouvrement. Le VPI Prima Universel est l’un des primaires avec la plus grande durée, mais elle ne devra pas excéder 24 heures.

Nous recommandons de couler le ragréage 3 à 4 heures après la pose du VPI Prima Universel !

Voilà, la préparation du support est maintenant finie !

Couler le ragréage : la course !

On arrive à la partie la plus facile, mais aussi celle qui demande le plus de rigueur et d’organisation. Faire un ragréage ne consiste pas juste à malaxer des sacs et à les déverser sur le sol. La prise est très rapide et, sur de grandes surfaces, vous risquez d’avoir des surprises si vous n’êtes pas préparé et ordonné.

Si votre sol est relativement droit ou qu’il ne nécessite pas un rattrapage absolu, vous pouvez vous permettre de le faire à l’œil. Cependant, si vous voulez rattraper de grandes épaisseurs à certains endroits et avoir le résultat le plus droit et net possible, vous pouvez utiliser des cales ou des vis pour vous faire des repères de niveau. Voici une vidéo qui explique cette méthode :

Bien se préparer pour bien faire son ragréage :

Faire un ragréage, c’est la course, mais il ne s’agit pas de faire n’importe quoi en courant partout sans être organisé. Ce sera le meilleur moyen de faire un désastre. Mais pas de panique, voici nos conseils pour que cela se passe au mieux.

Nos conseils pour gagner du temps et ne pas faire n’importe quoi :

  1. Faire de la place entre la préparation du mélange et la zone de coulage (déblayer le chemin)
  2. préparer tous vos outils à l’avance (rouleau débulleur, platoir flamand, chaussures à clous)
  3. deux seaux d’eau gradués manuellement au litrage précis pour un sac
  4. grande auge de maçon pour mélanger les sacs par deux
  5. Une perceuse avec mélangeur, à vitesse lente
  6. ouvrir tous les sacs à mélanger
  7. Préparer une arrivée d’eau pour remplir les seaux sur place
  8. Demander à un ami de vous assister (très important)

Mélange et coulage du ragréage :

Pour commencer sereinement et gagner encore quelques secondes au début, commencez par remplir les deux seaux d’eau et versez-les dans la grande auge. Cela vous fait un premier volume pour deux sacs. Avant de les ajouter et de mélanger le tout, remplissez à nouveau les deux seaux d’eau ; ainsi, une fois que vous aurez coulé le premier mélange, vous pourrez ajouter l’eau directement et mélanger immédiatement les deux sacs suivants. Vous remplirez ensuite à nouveau les deux seaux, durant les 4 minutes de repos du mélange avant de le couler.

On mélange et coule les sacs par deux et on gagne 50 % de temps !

Votre ami pourra :

  • malaxer le mélange pendant que vous faites glisser le ragréage avec le platoir et le rouleau débulleur.
  • Vous aider à porter le mélange de deux sacs (très lourd à déplacer tout seul)

Mélanger un ou deux sacs de ragréage avec la bonne quantité d'eau

On va pouvoir maintenant commencer à verser le premier mélange.

Si vous faites le ragréage à l’œil, prenez tout de même le temps de voir s’il y a des niveaux bien plus bas que d’autres pour y mettre plus ou moins de mélange.

Coulage du ragréage sur le primaire sec au toucher

Versez votre mélange sur le sol, par petites zones, et, à l’aide du platoir flamand, aidez-le à aller bien partout. Coulez de cette façon l’ensemble de votre mélange et n’attendez pas de finir la pièce entièrement pour passer le rouleau débulleur.

Le rouleau va permettre d’uniformiser la pose de votre ragréage et surtout de supprimer les bulles d’air qui pourraient se former et créer de petits cratères dans votre sol fini. Passez-le doucement, surtout si vous avez de fortes épaisseurs, pour éviter des effets de vagues.

Passez le rouleau débulleur sur le mélange à peine posé.

Vous n’avez en général qu’une vingtaine de minutes pour travailler le ragréage avant qu’il perde son pouvoir autolissant.

La prochaine gâchée se verse à cheval sur ce qu’il y a déjà au sol !

Une fois fini, laissez sécher le ragréage au moins 24 heures avant de marcher dessus, ou référez-vous à ce qui est écrit sur les sacs de mortier. Voici le résultat après une application bien organisée.

Ragréage réalisé avec succès

Comment empêcher un ragréage de couler ?

Pour empêcher un ragréage fluide de s’échapper (sous les cloisons, dans les fissures ou vers une pièce adjacente), la préparation du sol est essentielle. Le produit étant très liquide, il s’infiltre partout et vous pouvez perdre une bonne partie de votre mélange inutilement. Cela peut même causer une irrégularité et vous obliger, dans certains cas, à refaire tout votre travail.

Dans certains autres cas, la fuite de ragréage peut même causer des dégâts dans les zones adjacentes. Donc, vérifiez bien qu’il ne pourra pas s’échapper avant de couler !

Définir des limites pour votre ragréage est ULTRA important !

Voici les trois points à valider avant d’appliquer votre ragréage :

1. Créer des coffrages

Pour bloquer le mélange très liquide, par exemple aux portes, ou pour délimiter une zone, vous allez pouvoir utiliser des tasseaux en bois que vous pourrez fixer au sol avec des vis, du silicone, de la colle PU, etc., ou vous pourrez utiliser de la mousse de construction (non expansive) pour faire des courbes ou des formes sur mesure. Avant la pose de la mousse, pensez à bien dépoussiérer le sol et patientez jusqu’à ce que la mousse soit bien sèche.

2. Boucher les trous et fissures

Le ragréage ne doit jamais être coulé sur un sol troué de part en part, sous peine qu’une très grande partie de votre ragréage ne coule dans ce trou. Si votre dalle est trouée, la réparation doit se faire avec du béton. On coffre alors par le dessous et on remplit le trou. Pensez à vibrer votre béton pour qu’il soit le plus solide possible.

3. Poser des bandes de rive en périphérie

Les bandes de désolidarisation périphériques sont de toute façon indispensables pour permettre au ragréage de se dilater et de parer aux micromouvements du bâtiment. Ce genre de bande sert aussi de joint d’étanchéité pour que le ragréage ne coule pas sous les cloisons. Quand on pose le primaire, on peut également déborder sur la bande pour ajouter de la matière dans les derniers petits espaces.

FAQ sur le ragréage

Combien de temps faut-il attendre avant de recouvrir le ragrage ?

Le temps de séchage varie selon le type de revetement que vous allez mettre par dessus. Les délais varie, si vous mettez du parquet, du carrelage ou même de la peinture. referez vous au instructions du sac, car elles peuvent varier d'un produit à l'autre.

Faut-il obligatoirement appliquer un primaire d'accrochage avant ?

Oui, c'est indispensable pour éviter que le support ne boive l'eau du ragréage et que celui-ci ne fissure ou se décolle. Il permet une meilleure accroche !

Quelle est l'épaisseur maximale d'un ragrage ?

En général de 3 à 10 mm pour un ragréage classique. On peut monter l'epaisseur de rattrapage jusqu'à 30 ou 40 mm avec un ragréage "fibré" ou "fort".

Conclusion

Faire un ragréage est à la portée de tout bricoleur. Il faut simplement prendre son temps pour préparer la zone à recouvrir. Décoller ce qui s’enlève, poncer, dépoussiérer la zone, appliquer un primaire d’accrochage et ensuite couler le ragréage. L’aide d’un ami sera très importante pour vous permettre de gagner du temps, car la durée de travail du mélange est très courte.